Travailleur handicapé

Mon statut vient de changer au travail. Jusqu’à présent, je n’avais jamais fait reconnaître mon handicap au travail. Parce que ; j’ai appris sur le tard que cela était possible. J’ai même appris sur le tard le nom de mon handicap. Quant à l’accepter ! Je ne suis même pas certaine en avoir forcément parler pendant longtemps. Pourtant je parle facilement et de tout ! Que ce soit des traumatismes, de mon enfance, de ma vie, des décès, des peines de cœur… Je n’ai pas peur de qui je suis car je le suis ; il ne sert à rien de le cacher.

Mais en soit, mon handicap ne l’est pas vraiment. Il est ce que je suis et je ne l’ai jamais vu comme une problématique. Pourtant, grâce à mon psychiatre, j’ai bien réalisé que s’il est un cocon qui me protège, il est aussi les raisons de nombreuses de mes difficultés. Ce qui est étrange, c’est l’approche des personnes…

Mon handicap, c’est comme-ci devant moi il y avait un escalier invisible que je devais monter avec un fauteuil roulant non-adapté. Comme tout est invisible, on me reproche de ne pas être comme les autres. Trop bavarde, silencieuse, entière, honnête, directe, facile à aider, facile à s’isoler. Facile à oublier, aussi. C’est étrange, je n’oublie pas les gens, mais c’est comme-ci, une part de moi-même les ranger ailleurs. J’oublie les visages, les sons, les histoires. Il ne reste finalement pas grand chose des gens que j’ai connu. Il ne me reste que deux ou trois noms. Il me reste des anecdotes mais je ne sais plus avec qui je les ai vécu. Seuls les morts me marquent. Comme les livres que je termine, comme les séries que je commence et dont je sais la fin.

Avec le temps, je me suis isolée et j’en ai conscience mais ce n’est pas un problème. Je sais que dès que les bars réouvriront, je ressortirai et m’amuserai avec des inconnus. Je sais que je me lierai un temps, quelques temps, puis que je passerai à autres choses. Je sais que j’ai des amis éternels qui même si je suis différente, si j’éprouve des difficultés sociales seront toujours là. (D’ailleurs si un jour vous tombez sur ce blog, je vous embrasse Béa, Caro, Dadi et tous les autres.)

C’est étrange, car être travailleur handicapé laisse entendre que ce sont les autres qui s’adaptent à moi. Hors, c’est moi qui souvent m’adapte aux autres. C’est éprouvant, c’est épuisant, c’est fatiguant. Heureusement, j’ai la chance de travailler avec des collègues qui me comprennent et sont de vrais amis. J’ai aussi la chance d’avoir une amie depuis longtemps (LOLITA si tu passes un jour par là, je t’embrasse fort-fort-fort) qui a toujours été là pour moi. Elle est formidable.

Alors pourquoi je parle de tout sauf du fait d’être travailleur handicapé ? Car en réalité, être travailleur handicapé, c’est juste être travailleur. Et c’est faire un 50%-50% pour l’adaptation. C’est dire, ok moi je veux être dans la société, alors je vais m’adapter mais vous aussi, vous allez faire l’effort. L’escalier ne disparait pas. Il devient juste accessible. Ce n’est pas rendre la vie facile, c’est rendre la vie plus facile.

Une réflexion sur “Travailleur handicapé

  1. Vous pouvez être fière de vous d’avoir sauté le pas de la reconnaissance. Ce n’est pas toujours une étape simple. Et vous résumez très bien le fait qu’un travailleur avec la RQTH reste un travailleur comme les autres. J’espère que tout se passera au mieux pour vous ! 🙂

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