Le couvre-feu, plus dur que le confinement.

La situation actuelle avec le COVID-19 pose de vraies questions sur la capacité humaine à l’abnégation et au bien-être collectif. Je comprends tout autant les opposants aux règles actuelles, au confinement que ceux qui ne cessent de répéter la nécessité de l’action. Ballotée d’un coté ou de l’autre, je comprends bien que ce sont mes envies qui me poussent à ne pas vouloir de règles strictes et que c’est mon amour pour autrui qui me dit que je peux encore supporter davantage…

Le fait est que je ne peux que comprendre la difficulté actuelle. Mon mode de vie fait que le couvre-feu est pour moi plus contrariant que le confinement strict. J’adore mon travail ! J’ai une hiérarchie humaine et professionnelle, des collègues sympathiques et compréhensifs et j’ai tissé des liens avec mon équipe. On est de vrais amis. J’en suis très contente, car à Mantes la Jolie, c’était une vraie famille et j’avais peur de ne pas retrouver ça…

En réalité, j’ai de la chance en cela, mais j’y reviendrai sans doute dans un prochain article. Toutefois, même si j’adore mon travail, le couvre-feu me fait avoir ce mode de vie :

Partir le matin, aller au travail… Travailler. Je ne rentre pas sur la pause-déjeuner (1. pour économiser de l’argent, je fais moins d’heures en ce moment et je n’ai pas travaillé pour l’Afocal my babe, depuis longtemps — 2, car quand je suis lancée, j’ai du mal à m’arrêter dans mon travail.) ~ Arrive l’après-midi…

Puis il est 18h00 quand je pars (le temps de ranger, fermer, etc.) Je rentre chez moi. Et quand arrive le week-end, je ne peux pas envisager d’aller chez une connaissance, un ami éloigné ou ma famille car je sais que rentrer à 18h00 est problématique.

Hors, or confinement, mon mode de vie est le suivant : Je pars le matin, je vais travailler. Un soir dans la semaine, je sors : Paris, cinéma, bar, exposition, à moi de choisir. Seule ou accompagnée, j’y fais forcément (logiquement) des rencontres, juste pour la soirée, échanger, discuter. Je peux le faire, car d’habitude ! je ne travaille pas deux matins par semaine… Ce qui me permet également d’aller chez le médecin, chez le psy, le dentiste, etc., etc…

Je rentre seule, des échanges plein la tête. Le Week-end arrive, je sors avec mes amis (Lolita, I miss Y), ou je passe du temps avec ma sœur Sarah et mon beau-frère (et ami Mike) ou chez mes parents. Parfois, je fais une sortie avec le site on.va.sortir.com ou je fais le choix de rester chez moi (car le ménage ne se fait pas tout seul…)

Ma vie n’est pas très intense, mais elle est plutôt bien équilibrée.

En confinement, ma vie est aussi peu intente et, moins équilibré, mais davantage. Je passe du temps chez moi, j’échange avec mes supérieurs et mes collègues. Je pars de temps en temps au travail (car en confinement, mon travail nous fait venir de temps en temps, il faut garder le lien avec les jeunes…) et je peux travailler chez ma sœur, mes parents et mes amis, et donc y passer la soirée sans crainte de l’horaire du lendemain.

De plus, faire mes courses est devenue compliquée. D’ordinaire, je sors du travail, (19h00), je vais à Auchan (19h30) qui ferme à 20h00. Aujourd’hui, je ne peux plus faire mes courses. Cela fait que je m’alimente particulièrement mal. Moi qui déjà ne m’alimentais pas très bien…

Cela me rend folle. Car j’essaye sans cesse de m’en sortir, de ne pas rester sur de la tristesse ou sur le passé. Je ne veux pas penser aux amis que j’ai perdu que ce soit par la mort ou parce que je n’ai plus de nouvelles d’eux, aux amours qui ont terminé en non-sens car en réalité j’ai sans doute beaucoup aimé mais je doute l’avoir un jour été, à la famille qui me semble parfois ingrate et un poids… Toute cette négativité, je la prends, je la chifonne et je la jette.

Je ne veux penser qu’aux amis qui restent et à ceux que je vais découvrir, au parapluie qui viendra peut-être un jour recouvrir mon cœur trempé, à ma sœur qui est toujours TOUJOURS là pour moi. Je ne veux penser qu’à ce qu’il y a de positif. Avancer ! En permanence, sans jamais reculer. Je regarde parfois en arrière, mais je ne veux plus que ça m’arrête. Celle que j’étais hier, je l’aime, pour sa tendresse, son amour, mais je la trouve faible et dépendante de sa famille, de ses amis, de ses espoirs. Je ne veux plus être cette personne… Je veux vivre au jour le jour.

Mais depuis le COVID-19, la personne que j’étais, trainant chez elle, passant du temps sur les réseaux sociaux, écrivant, se perdant, rechignant à se lever et à aller travailler, ne voulant pas dormir, se retenant de pleurer et souriant en permanence pour de faux est de retour. La personne qui hésite à mentir pour cacher la tristesse et sa solitude. Je repense à des fantômes du passé, que je pensais avoir oublié, jeté… Je repense à des sacrifices que je pensais avoir accepté. Mes yeux s’attardent parfois sur les scarifications d’autrefois. J’ai moins envie de bouger, moins envie de danser. Aller travailler, écouter les jeunes, repartir chez soi. Aller travailler, écouter les jeunes, repartir chez soi. Une pendule, un tic, toc, un manque de vie…

Je serre les dents. J’écoute parfois les chaînes d’informations. Elles me font bien rire quand elles parlent de la détresse des jeunes « depuis » le Covid. Laissez-moi rire ! On parle de la détresse des jeunes, avant ? Je devrais d’ailleurs faire un article sur le sujet.

Je sais toutefois que le monde ne peut pas reprendre juste pour ma petite personne. Je sais que si les bars, les restaurants, les lieux de vie sont fermés et si ma vie est en suspend, c’est pour les autres ; et aussi pour moi. Est-ce que j’accepterai de vivre aux prix de la vie des autres ?

Vous savez dans les 100, quand elle doit appuyer au mont Weather ? Quand dans TWD, Rick fait attaquer toute une meute sur une ville ? Quand les potes doivent faire un choix dans Alice in Borderland ? Je suis peut-être un peu trop addict aux séries…

Je ne sais pas comment les choses pourraient être meilleure… J’en sais foutrement rien. Mais je sais qu’elles pourraient être pires. Alors j’essaye de me dire que ça ira. Et de sortir les pensées de la tête. Demain, j’irais danser, demain j’irais boire, demain j’irais rire, demain… Est-ce que j’ai encore envie d’attendre demain ?

C’est parfois la question que je me pose. Pas lié au COVID. La question que je me pose depuis longtemps. Que je ne suis pas la seule à me poser. Et c’est parce que je me la pose pour autrui, que j’ai la réponse pour moi-même. N’abandonne pas. N’abandonne jamais. Je sais que demain peut sembler nulle et incertain. Je sais qu’on peut avoir l’impression que les autres arrivent à se lier, à créer, à aimer, à construire et qu’on peut se poser la question : Suis-je une anomalie ? Suis-je fait pour vivre ainsi ? Tant que tu continues d’essayer, tant que tu continues à avancer, tu n’es ni perdue, ni perdant, juste pas encore arrivé.

Il n’empêche que le couvre-feu est véritablement plus difficile que le confinement pour moi.

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