Vivre et non survivre avec le couvre-feu et le confinement

Avant le couvre-feu et le confinement, je venais de déménager sur Epinay-sur-Seine dans le 93. Je venais de prendre la décision de repartir sur de nouvelles bases dans ma vie, sans pour autant en oublier les amitiés et la vie d’hier, mais simplement me laisser le temps de réfléchir à la personne que je veux être.

Cela a plutôt bien fonctionné. Ce n’étaient que les regards des autres qui m’empêchaient d’être moi-même. J’ai passé trop de temps à me voir au-travers de la vision que les autres ont de moi. « Trop bavarde, trop silencieuse, trop aimante, pas assez, il faut s’amuser, il faut maigrir, trop enfant, trop adulte, pas assez drôle, pas assez sérieuse..  » Coincée entre mon rôle de grande sœur, de bonne amie, étant en permanence le second rôle dans ma propre vie et ma propre histoire. J’en avais assez, d’être une victime permanente, et je faisais tellement de rêves. Dans l’un, j’étais en haut d’un appartement, à vivre dans un monde survivant après une apocalypse… Je le racontais sans cesse à mon crush du moment. Et, je me suis dit que ce rêve… Cet appartement, je devais me lancer. Je devais arrêter de dire « je veux », je devais le faire.

Petit à petit, je m’étais fait à cette idée. Même la personne que j’aimais, je n’étais pas capable de l’imaginer avec moi. Je me sentais pas apte à être avec quelqu’un. Ce qui était étrange, car dès qu’il s’agissait de défendre une idée, une conviction ou d’être dans un cadre bien stricte, je transcendais de confiance en moi.

Je ne peux pas m’empêcher d’être quelqu’un de réservée ou de timide, dans les premiers temps, mais je n’ai plus peur des autres. Que ce soit me maquiller à l’excès, ne pas le faire, rire ou pas, parler beaucoup ou ne rien dire. Je me fiche de ce que les autres pensent. On est tous différents et perdre son temps à m’arrêter aux jugements d’une personne, c’est risquer de passer à coté de sa propre vie.

Il faut reconnaître qu’après mon agression, c’était devenu compliqué. Alors survivre… Je sais ce que c’est. Mais mon ancien groupe d’amis fut constitué de très bonnes personnes qui m’ont aidé et de vrais connards qui m’ont aussi aidé. C’étaient sans doute les mêmes, les connards et les bonnes, mais ils furent formidable. Je n’avais juste pas assez confiance en moi. C’est amusant, car en soit, je ne les ai jamais quitté. J’ai juste fait le choix de trouver mon chemin, en arrêtant de dépendre d’eux et quand j’ai trouvé un chemin que j’aimais suivre, il me semblait que trop de temps s’était passé pour retourner vers eux…

Entre deux, je suis tombée sur la route de Lolita et Maxime. Ils comptent beaucoup pour moi. Alors quand j’ai déménagé, pendant un an, c’étaient fêtes, soirées, écriture RP, nouvelles rencontres, activités, arts, dessins, écritures, lectures, jeux-vidéos, boulot…

ET PUIS le COVID est arrivé. Lolita a repris ses études, LOIN, Maxime a quitté la région parisienne et je me suis retrouvée à nouveau seule. Et, se faire de nouveaux amis… de nouvelles rencontres… un groupe… (ou rencontrer quelqu’un tout simplement) en COVID c’est un peu compliqué. J’ai essayer des plateformes de rencontre mais, quand une personne m’amuse ou me plait, dans le sens « j’ai envie de discuter avec » car je suis pas attirée au travers d’un écran, j’ai envie d’inviter la personne chez moi… pour faire connaissance. Car sans bar, sans restaurant, en hiver, j’ai aucune envie d’aller dehors et j’ai pas confiance en mon instinct. Il m’arrive toujours de la merde quand je vais chez les autres…

Sauf, que j’ai peur que la personne y voit une demande genre « viens chez moi, on va baiser. » Ce qui n’est pas vraiment mon genre. C’est dommage, car c’est très français. En France, quand on dit : « Je veux faire des rencontres, trouver quelqu’un, me faire des amis », on entend : la personne est désespérée, o’scour. Alors qu’au Québec, en Espagne, ailleurs, c’est bien plus facile de se lier…

Heureusement, même si j’ai toujours envie de rencontrer de nouvelles personnes, j’ai la chance de travailler avec des amis et des personnes avec qui je m’entends bien. ^_^ Travailler entre amis, c’est vraiment top ! Et je regrette de pas m’être davantage liée à Mantes la Jolie, suite à une première expérience négative…

En tout cas, je lis beaucoup de « il faut survivre pendant le COVID. » Je refuse de simplement survivre. Je suis une survivante. J’ai survécu à tellement de choses ! Je ne veux plus perdre du temps, avec des mensonges, avec des choses malsaines, avec des débats stériles. Je veux juste avancer, vivre ma vie, et m’en foutre de savoir si les autres me voient comme une ratée, ou une réussite, ou quoique ce soit d’autres. Je veux vivre ma vie ! Avec ou sans COVID. Avec ou sans personne autour de moi. Car, je crois que ce sont les instants qui sont uniques et dans un sens, les instants qu’on vit actuellement le sont !

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